La mise en espace des collections est-elle impossible sur les sites internet ?
Pour faire écho aux billets postés, je vais, à mon tour, livrer les interrogations et les idées majeures qui se dégagent de ma lecture de l’article étudié.
Dans cet article, Yves Alix s’interroge sur la spatialisation des collections sur Internet. La problématique y est clairement énoncée : la mise en espace des collections est-elle impossible sur les sites internet ? Nous vivons dans une nouvelle ère, celle des technologies, qui implique naturellement un bouleversement dans l’appréhension matérielle et spatiale des livres et de leurs présentations. Les bibliothèques et les librairies se sont massivement lancées dans la création de site internet, elles se sont adaptées à ce nouvel environnement éminemment technophile. Mais cette adaptation n’est pas sans contraintes ; en effet elle s’accompagne d’une réflexion sur les moyens à mettre en œuvre pour présenter les livres et les collections dans un espace virtuel avec une certaine volonté de reconstruire l’univers livresque d’une bibliothèque ou d’une librairie, de recréer une familiarité avec l’objet. Cela passe par une mise en scène et une mise en espace pensées pour que l’internaute puisse trouver les infos et naviguer facilement, intuitivement.
Il y a un réel besoin de donner des repères à l’internaute pour qu’il puisse restituer dans son imaginaire la bibliothèque ou la librairie, et pour qu’il visualise les différents espaces.
Yves Alix finit son article en ouvrant une piste de réflexion qu’il serait pertinent de creuser. Il s’interroge sur l’intérêt, l’utilité même de vouloir reproduire « l’image de quelque chose (la bibliothèque en dur, en trois dimensions, avec des collections organisées et classées) qui va disparaître » ou au contraire, peut-être que les bibliothèques sur internet sont des lieux organisés dans le désordre de la Toile.
Mise en espace ? Mise en scène ? Scénographie ? Spatialisation ? Architecture ?
Toujours dans le cadre de notre laboratoire de recherche, avec pour point de départ le texte de Yves Alix A travers l’espace (infini) du web, je me suis interrogée sur les différentes notions qu’il évoque concernant un objet et l’espace dans lequel il est intégré, notamment sur internet.
Il se trouve que l’objet qui nous intéresse est le fonds en librairie, à savoir l’ensemble des livres physiques, voire virtuels, que propose à la vente ce commerce.
Comment représenter sur internet des groupes de livres? comment en mettre certains plus particulièrement en valeur ? Doivent-ils être proposés au même niveau ? Quelle hiérarchie proposer ?
Yves Alix a titré son article “A travers l’espace (infini) du web”. L’adverbe “à travers” implique une matérialité, une épaisseur de matière plus ou moins importante. Mais comment se caractérise cet espace du web ? Comment peut-on aller à travers et y organiser une somme de livres, de façon à ce que le cheminement à l’intérieur du labyrinthe ait un intérêt et une logique pour les visiteurs ?
Les internautes consultent les pages web à travers un écran d’ordinateur, voir d’autres supports plus petit, de plus en plus fin. Quelle représentation de l’espace peut-on proposer dans cette situation ?
Comme l’explique Yves Alix, de nombreuses institutions (notamment des bibliothèques) ont conçu des sites avec une réelle recherche concernant la spatialisation.
Mais de quoi parle-t-on vraiment, de mise en espace où il s’agit de positionner les acteurs pour se rendre compte de leur liberté de mouvement et pour avoir une vue d’ensemble sur leur utilisation de l’espace ?
D’une mise en scène où on attribue un rôle à chaque acteur (une recherche/un but à chaque visiteur) et où il doit suivre les instructions du metteur en scène ?
D’une scènographie, où l’on ne se préoccupe que de l’organisation spacial des objets (des outils / des documents / des informations), où l’on donne l’atmosphère de la pièce et où chacun est libre d’évoluer comme il le souhaite à l’intérieur de ce cadre ?
On peut encore se poser la question de la spatialisation, et de l’architecture ?
Laquelle de ces notions doit-être prise en compte pour organiser l’information sur le livre sur le web, dans l’espace d’un site internet, sur une page virtuelle. Et finalement, pourquoi parle-on tant d’espace, alors que, comme je viens de l’évoquer il ne s’agit que d’information !
Pourquoi penser la création d’un site internet et le cheminement du visiteur à l’identique que dans des surfaces physiques, remplies d’objets, alors qu’il s’agit de plateformes virtuelles traitant de l’information ?
Ne nous apprend-on pas que pour rédiger dans une langue étrangère il faut penser dans la langue que l’on veut écrire et non pas dans notre langue d’origine ?
A suivre …
Notes about l’espace infini du web par Yves Alix
PBTQ : la mise en espace des collections est-elle impossible sur internet ?
Comment retrouver « la liberté de mouvement » inhérente à l’espace réel ?
- Pour les bibliothèques, ce qui est mis en scène sur les sites internet, c’est avant tous la qualité et la diversité des services proposés que les ouvrages eux-mêmes
o Cause of manque d’attractivité des seuls catalogues
o Besoin de mise en scène pour rendre le contenu attractif, idée que la liste est ennuyeuse
- Le web comme moyen de mettre en valeur les collections : L’exposition virtuelle permet de faire durer l’exposition + mise en scène attractive des collections.
- Pour la plupart des bibliothèques : importance de la une (dynamisme, graphisme plus ou moins travaillé)
- Pourquoi ne pas utiliser cette une comme une vitrine, à l’image des librairies ? L’exemple de Saint-Herblain avec un focus sur une librairie. Permettrait la familiarité avec le livre,
- Restitution de l’espace physique en espace virtuel : difficulté de montrer dans un même temps, les collections des bibliothèques et le bâtiment.
- Seul reste la possibilité de donner accès aux collections, puisque donner accès au bâtiment est illusoire : cela reste une représentation
- Point fort des bibliothèque sur le net : un lieu organisé ds le désordre de la toile…
Réponse à la pbtq en gros :
- le web = mise en espace privilégié pour les collections
- La liberté de mvt ne se retrouve pas en restituant l’espace en dur de la bibliothèque
chouette, je ne connaissais pas cet article, je vais aller voir ça.
“Il se trouve que l’objet qui nous intéresse est le fonds en librairie, à savoir l’ensemble des livres physiques, voire virtuels, que propose à la vente ce commerce.” Personnellement, je ne fais pas les choses comme ça : ce que j’aimerais re-produire dans la librairie sur internet càd traduire, c’est l’expérience : on ne vend pas qu’un objet, on vend aussi la relation et l’expérience dans un lieu, avec des gens, un moment, une place dans l’univers…